LA CRETE : une île au caractère bien trempé

Durant 2000 ans, les crétois ont successivement bravé les dominations romaines, byzantines, arabes, vénitiennes et turques. Leur identité s’est ainsi renforcée et est aujourd’hui plus solide que jamais. Ils n’en sont pas moins ouverts au monde extérieur : le « Philotimo » (sens de l’accueil) crétois est unique, et donne irrésistiblement envie aux visiteurs de la Crète de revenir chaque année …

 

La "liberté ou la mort" est la devise du peuple crétois qui, quel que soit l'occupant, refuse la soumission. Ce n'est qu'en 1913 que la Crète demande son rattachement à la Grèce, afin de bénéficier de sa protection militaire.

 

La Crète compte environ 670 000 habitants. C’est la plus grande île de Grèce, baignée au nord par la mer de Crète et au sud par la mer de Lybie. C'est une île montagneuse qui culmine à 2456 m avec le Mont Psiloritis. Ses paysages se caractérisent par une alternance de plateaux, plaines, gorges et montagnes. 

 

Pendant longtemps, la connaissance de l'histoire de la Crète s'est trouvée associée à la mythologie et les légendes : le Minotaure, Dédale, Zeus, Ariane et Icare font désormais partie de la culture. L'antiquité crétoise est cependant marquée par le développement de la civilisation minoenne, sans équivalent dans le monde. 50 000 000 d’oliviers occupent plus de la moitié de la surface cultivée en Crète et produisent 46 % de la production d'huile d'olive grecque. Laissez-vous guider et séduire tout au long de votre séjour par la richesse, la diversité et les paradoxes de l'île surnommée par les grecs "mégalo nissos" (grande île). 

 

Découvrir la Crète en quelques jours est impossible … Il faut entre 6 et 8 heures pour aller d’est en ouest, par la route principale E 75. Chaque région de Crète présente des singularités : 

 

Le département de la Canée

Il se caractérise par de puissants massifs montagneux, des gorges profondes, des côtes abruptes et des belles plages. Dans sa partie nord s’étend la vaste plaine de La Canée, limitée au sud par les Lefka Ori (montagnes blanches). Ce département est renommé pour ses beautés naturelles et ses superbes plages (le plateau d’Omalos, Elafonissi, Gramvoussa ). Le chef-lieu du département : La Canée (Chania, Xania). De nombreuses liaisons maritimes avec le Pirée ainsi que de fréquentes liaisons aériennes avec Athènes, l’été. Elle occupe l’emplacement de l’ancienne Kydonia, comme l’ont prouvé les fouilles effectuées sur la colline de Kastelli, où des vestiges de la ville minoenne et des tombes ont été mise à jour, ainsi qu’une abondante céramique de différentes époques, des offrandes funéraires, des statues de l’époque romaine attestant qu’un habitat important s’était développé dans cette région. L’antique Kydonia fut une cité très prospère jusqu’à l’arrivée des arabes qui lui donnèrent le nom de Al Hanim, d’où Hania. Au XVIIème siècle, conquise par les turcs, elle était gouvernée par un pacha. Elle perdit de son éclat durant la période byzantine et fut reconstruite au XVIIIème siècle par les vénitiens qui la fortifièrent de remparts pour la protéger contre les incursions des pirates. La ville connut alors un fort essor économique et fut surnommée la « Venise de l’orient ! ». Au XIXème siècle, elle devint la capitale de la Crète. En 1941, la région de La Canée fut le centre des opérations militaires de la fameuse bataille de Crète au cours de laquelle les habitants soutinrent activement la résistance. C’est le centre administratif, commercial et économique du département. 

 

Le département de Rethymnon

Ilest situé entre ceui de  la Canée et Héraklio.  Ce département est particulièrement montagneux, c’est le paradis des randonneurs.  Les plaines sont limitées. Les rivières sont peu nombreuses (Milopotamos et rivière de Prévéli). Le mont Ida ou Psiloritis culmine à 2456 mètres. La chaine de montagnes de Kedrous, ( 1777 m) au sudouest du Psiloritis délimite la belle et luxuriante  vallée d'Amari. Visiter la cité vénitienne de Rethymno (aussi surnommée la cité de Barberousse) peut être très agréable, été comme hiver. Cette ville est authentique et elle vit toute l’année, contrairement à Xania, qui n’est active qu’en saison touristique.  La place centrale de Rethymno,  la fontaine Rimondi et la "maison de la noblesse" (la Loggia) méritent votre visite.  En forme de triangle, compris entre la Fortezza (forteresse vénitienne), le petit stade et la place Iroon, la ville se distingue par son vieux port vénitien. La fontaine Rimondi de style renaissance, est un superbe exemple d'architecture vénitienne construite en 1629. Quatre belles colonnes à chapiteaux corynthiens encadrent trois têtes de lion d'où s'écoule l'eau. C’est le cœur de la vieille ville.

 

A voir absolument : Le monastère d'Arkadi. Construit en 1538 sur un plateau à 500 m d'altitude, il possède une valeur hautement symbolique pour les crétois. 300 rebelles armés, accompagnés de 600 femmes et enfants se réfugièrent dans ce centre de résistance très important durant l'occupation turque, assiégé par 15 000 soldats de l'armée ottomane.  Les résistants en geste d'insoumission, et sous les ordres du frère Marinakis, firent sauter la poudrière dont seuls, 4 ou 5 rebelles réussirent à s'échapper. 

Le département d’Héraklion

Il est le plus peuplé de la Crète. Historiquement, c’est là que se « posèrent » les commerçants en provenance des autres pays méditerranéens. La ville actuelle est construite sur l’emplacement du petit port qui desservait Knossos. Elle fut ensuite fortifiée par les arabes, qui en demeurèrent les maîtres pendant 140 ans. Ils construisirent de puissantes murailles et l’entourèrent d’un fossé profond. Sous domination vénitienne du XIII au XVIIème siècle, la ville ainsi que l’île entière se nomma Candie. A cette époque, la ville connut un grand essor. Elle fut ensuite envahie par les turcs et rebaptisée Mégalo kastro (grande forteresse). Elle perdit alors énormément de sa prospérité. Héraklion est un grand centre commercial industriel et agricole. Le célèbre peintre Doménikos Théotokopoulos (le Greco) et le grand écrivain et poète Nikos Kazantzakis (Zorba le grec, le Christ recrucifié …)  y naquirent. Héraklio a connu un développement trop rapide sans aucun plan d’urbanisme et se trouve aujourd’hui confronté au problème des mégapoles modernes (trafic intense, manque d’espace verts). Trop de voitures, trop de bruits, trop de commerces … Et perte de l’identité crétoise. La ville elle-même ne présente pas un grand intérêt à l’exception du musée archéologique, qui, récemment rénové, regroupe l’ensemble des objets, statues, sculptures, gravures … de la civilisation minoenne. A découvrir cependant, le Vieux Port situé à l’ouest du port actuel : il avait à l’époque de la domination vénitienne une très grande importance commerciale et militaire. 

A voir absolument : Le musée archéologique d’Héraklion est un des musées grecs les plus intéressants et les plus riches. Les différentes salles renferment de remarquables antiquités exclusivement crétoises, dont les fresques du palais de Cnossos (dauphins, les dames en bleu, la parisienne, et le fameux pendentif aux abeilles découvert dans le cimetière de Malia. Le Musée archéologique d’Héraklion abrite des objets représentatifs de toutes les époques de la préhistoire et de l'histoire crétoises, couvrant une période chronologique de plus de 5 500 ans, du néolithique à l'époque romaine. Le musée archéologique d'Héraklion est fier de sa collection minoenne unique, qui comprend les chefs-d'œuvre de l'art minoen.  Il est à juste titre considéré comme le musée de la culture minoenne par excellence.

Le site archéologique de Knossos

Il est situé à 12 kilomètres au sud-est d’Héraklion, à proximité de la petite localité du même nom. Il y a trois ans, la restauration du site a été entreprise afin de lui rendre son « authenticité ». Sir Arthur Evans, archéologue ayant entrepris des fouilles au 19ème siècle, avait dénaturé le site avec beaucoup d’imagination.

 

Bien que les travaux ne soient pas terminés, le site reprend enfin de son intérêt. Nous conseillons fortement de faire appel à un guide pour la visite du site. Cela vous ouvrira bien des portes pour la découverte de l’ile et la compréhension des us et coutumes. 

La cité romaine de Gortyne

Gortyne fut une ville prospère de grande renommée durant l'antiquité. Elle s'allia aux romains, qui la développèrent en une cité brillante et en firent la capitale de l'île. L'Odéon reconstruit au 3éme siècle était destiné aux auditions musicales. C'est à cet endroit que les romains intégrèrent la célèbre inscription des lois de Gortyne (5éme siècle av. J.C.) gravée à l'origine sur un bâtiment circulaire afin que tous les citoyens puissent en prendre connaissance. Elle est aujourd'hui protégée par un portique en briques. Ce code de Gortyne constitue une précieuse source d'information sur la Crète antique. Il comprend 12 colonnes de 52 lignes chacune et rédigées selon la méthode Boustrophédon. (tel un bœuf qui laboure son champ). Fondée au coeur de la riche plaine de la Messara, au sud de la Crète, Gortyne est un lieu méconnu, qui mérite votre venue ! 

La région de Sitia est situé à l’est de l’ile.

lle  vit essentiellement de la production d’huile d’olives et de vin. C’est une région très sèche, où il fait très chaud l’été. La côte sud de la Crète était encore il y a dix ans presque déserte. C’est l’agriculture qui est la principale ressource de cette région bien avant le tourisme. Les paysages sont surprenants. En se dirigeant à l’est, on rencontre le petit village d’Agia Photia situé dans une région très intéressante au niveau archéologique : de nombreuses traces d’habitation ont été découvertes, ainsi qu’en bord de mer une immense nécropole de l’époque minéenne comprenant 252 tombes.

Lovée dans une très jolie baie, Sitia demeure très touristique.  Cette localité construite en amphithéâtre occupe l’emplacement de l’antique Eteia. A l’est se dresse le fort du Kastro, appelé aujourd’hui Kazarma (casa di arma), le monument le plus imposant du passé qui domine l’actuelle ville de Sitia. Très probablement, il s’agit des casernes ou du quartier général de la garnison. Au musée archéologique de Sitia vous pourrez découvrir des objets se rapportant à l’histoire et à la civilisation de la ville antique : une importante collection de vases provenant des villages d’Agia Photia, Mochlos, Psira, Palekastro et Zakros ainsi que des tablettes en terre cuite inscrites en linéaire A (un des premiers alphabet) découvertes dans le palais de Zakros. Unique en son genre, un pressoir à raisin et ses accessoires authentiques provenant du palais de Zakros méritent votre détour. Nous vous recommandons le musée d’art populaire aménagé au premier étage d’une vieille maison où l’on peut admirer les tissages, les broderies et les costumes régionaux. Au nord de la ville se trouve l’aéroport qui relie Sitia à Athènes, Karpathos et Thessalonique. Sitia fut abandonnée pendant deux siècles et ce n’est qu’à partir de 1870 que la ville actuelle commença à se développer.

A voir absolument : Le monastère de Toplou, situé dans un site rocailleux et sauvage, offre aux visiteurs de superbes icônes et fresques datant du XIVème siècle. Son nom signifie canon en turc et est du au fait que sous la domination turque il était doté d’un canon pour se défendre des pirates. De forme carrée et de superficie de 800 m², il est entouré d’une forte enceinte. Riche et puissant, Toplou a ramassé des trésors présentés aujourd'hui au public. En continuant direction Nord est, vous arriverez a Vaï, baie renommée pour sa magnifique plage de sable fin bordée d'une palmeraie (dattiers), qui a donné son nom à la région (Vaia signifie en grec Palme). Cette petite oasis est l'un des plus grands pôles d'attraction de la Crète. A la pointe nord est de l’île, à 2 kms au nord de Vaï, se trouve un site archéologique datant des débuts de l’ère chrétienne : Itanos. Surplombant la mer, ce site est superbe au coucher du soleil. L’endroit propose également trois très belles plages occupées par très peu de touristes. Nous aimons aussi le petit village de Palekastro qui a su garder une atmosphère authentique.

AGIOS NIKOLAOS

Capitale du Lassithi, Agios Nikolaos trône au bord du golfe de Mirabello. Cette station touristique moderne et animée est célèbre pour son « lac Voulisméni »  qui forme un entonnoir de 64 m de profondeur, dimension surprenante compte tenu de son modeste diamètre. Jadis on le nommait « bassin d'Artémis » et on le croyait sans fond, ses eaux sombres passant pour conduire dans les abysses de l'au-delà. Relié au port par un étroit canal depuis 1870, il est en réalité alimenté par une rivière souterraine qui trouve là sa résurgence. Agios Nikolaos vit le jour en tant que port de la cité état de Lato au tout début de la période hellénistique.

Au départ d’Agios Nikolaos, vous avez la possibilité de visiter l’île de Spinalonga séparée de la côte par le canal de Poros, creusé par les troupes d'occupation françaises à la fin du XIXème siècle. Une puissante et superbe forteresse vénitienne du XVIème siècle protège l'accès du golfe. Les turcs ne parvinrent jamais à l'occuper. Le fameux roman de Victoria Hislop « l’ile des oubliés » retrace l’histoire de cette île et décrit parfaitement l’ambiance et la rudesse  crétoise de cette époque.

 A 14 kilomètres de la côte nord, la ville d’Ierapetra a longtemps été surnommée : le jardin de la Crète (nombreuses serres à légumes, production de tomates, concombres, bananes, melons, courgettes, etc.). Nous regrettons l’utilisation de bâches plastiques laissées ensuite à l’abandon qui défigurent et polluent l’environnement. Visitez Ierapetra … Mais n’y séjournez pas si vous craignez la chaleur et le monde.  C’est ici que vous trouverez le climat le plus chaud de l’île. La forteresse d’Ierapetra a été construite en 1626 par Francesco Morosini qui la dota de cinq canons. Un violent tremblement de terre l’endommagea au XVIIIème siècle. 

 

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